New York se souvient et rend hommage

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New York, 06/09/2002

Dans le ciel de Manhattan deux avions de ligne détournés ont fait plonger, en début de matinée le 11 septembre 2001, New York, l'Amérique et le monde dans un drame dont les répercussions n'ont pas fini de se faire sentir.

 

- 08H46(vers 15h en France): un Boeing 767 d'American Airlines, détourné peu après son décollage de Boston, est précipité par les pirates de l'air islamistes qui s'en sont emparés dans la tour Nord du World Trade Center, 19 étages sous le sommet.

 

- dix-huit minutes plus tard, alors que l'on s'interroge sur les circonstances de ce qui semble être un terrible mais simple accident, le vol 175 d'United Airlines, lui aussi parti de Boston, fracasse la tour Sud, 33 étages sous le sommet. L'attaque terroriste ne fait plus de doute. Le monde entier est sidéré, les yeux rivés aux téléviseurs.

 

On sait aujourd'hui, grâce à une enquête du New York Times, que quelque 1.100 personnes, prisonnières des étages supérieurs, ont vécu une effroyable agonie. Seuls dix-huit d'entre elles ont été capables, dans la panique, de trouver le seul escalier libre de décombres pour descendre et sauver leur vie.

 

Certains sont montés sur les toits pour y attendre des hélicoptères qui, à cause de la chaleur et de la fumée, n'ont jamais pu approcher. D'autres ont sauté dans le vide pour échapper à l'asphyxie.

 

En quelques minutes, tout ce que New York compte de pompiers disponibles se rue vers le sud de l'île de Manhattan. Dépassés par l'ampleur de la catastrophe, incapables d'organiser des secours à la mesure d'un drame à ce point inédit, ils suivent la procédure en cas de feu dans un gratte-ciel: tuyaux sur le dos, ils se précipitent à pied dans les étages, croisant dans les escaliers des milliers de personnes, calmes mais terrifiées.

 

La plupart d'entre eux ne comprendra pas que ce terrible grondement signifie que la deuxième tour vient de s'effondrer et, à cause de radios défaillantes, n'entendra pas les ordres d'évacuation: 343 soldats du feu vont être ensevelis sous les décombres.

 

Alors qu'un nuage de fumée et de poussière engloutit Manhattan, les premiers bilans sont affolants: on évoque plus de six mille morts ou disparus. Il faudra des mois de recoupements et de recherches pour parvenir à une estimation de 2.819 morts.

 

Ce chiffre ne pourra toutefois jamais être définitif. Des dizaines de sans-abri avaient élu domicile dans les tours et certains ont depuis disparu sans laisser de traces.

 

Dans ces heures d'épouvante, la figure calme et patriarcale du maire de la ville, Rudolph Giuliani, émergeant du nuage pour donner d'une voix ferme ses premières instructions, va entrer dans l'histoire. Celui qui a ce jour là gagné le surnom de "maire de l'Amérique" ordonne l'évacuation de tout le sud de l'île de Manhattan, signal d'un exode inédit dans l'histoire de la ville.

 

Les deux tours de 110 étages, symboles triomphants des années 70, sont réduites en un monstrueux amas de décombres fumant, haut d'une dizaine d'étages. Très vite, des milliers de volontaires (secouristes, pompiers, policiers, métallos) affluent de tous les coins de la ville, de l'Etat et d'au-delà.

 

Dans les premières heures, dépassés par l'ampleur du désastre, les secours peinent à s'organiser. Comment attaquer un tel chantier, sous lequel couvent des incendies dont on ne viendra à bout que des semaines plus tard ?

 

Les estimations des chiffres de disparus sont telles que chacun s'attend à ce que des dizaines, des centaines de blessés soient secourus et transférés dans les hôpitaux de la ville.

 

Les médecins sont réquisitionnés, les New-Yorkais font la queue pour donner leur sang, les familles commencent à se rassembler. Mais ce soir-là, comme les jours suivants, les ambulances n'évacueront que des cadavres ou des morceaux de corps.

 

La chaleur des incendies et la force phénoménale dégagée lors des effondrements a réduit en bouillie, parfois vaporisé des milliers de corps qui ne seront jamais retrouvés. Un an après, seuls 1.370 cadavres ont pu être identifiés, grâce à la plus importante opération d'analyse d'ADN de l'histoire américaine, qui n'est à ce jour pas terminée.

 

A la nuit tombée, alors que des veillées à la bougie s'improvisent dans les parcs, on installe dans ce que l'on ne tardera pas à baptiser "Ground Zero" des batteries d'éclairage. Les opérations de secours et de déblaiement commencent. Elle vont durer plus de huit mois.

 


 Dossier Complet 

Les Tours

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Les Avions

Les Victimes

 

WASHINGTON, le 06-09-2002

Quatre avions détournés, 19 terroristes prêts à mourir: il n'en a pas fallu plus le 11 septembre 2001 pour faire basculer l'Amérique dans l'horreur, victime d'une magistrale opération terroriste dirigée contre les symboles de sa puissance.

 

Stupéfaction, incrédulité, peur: en quelques minutes, la plus grave attaque terroriste de tous les temps fait exploser le sentiment d'invincibilité des Américains, huit mois après l'arrivée de George W. Bush à la Maison-Blanche.

 

Dans le ciel ensoleillé de New York, deux Boeing 767 détournés, avec 92 et 65 personnes à bord, percutent à 17 minutes d'intervalle (8h46 et 9h03) les tours jumelles du World Trade Center, symbole du capitalisme américain.

 

A 9h43, un Boeing 757 transportant 64 personnes éventre le Pentagone à Washington, siège du ministère américain de la Défense. Et 30 minutes plus tard, un quatrième avion de ligne, un Boeing 757 avec 44 personnes à bord, s'écrase dans un champ près de Pittsburgh (300 km au nord-ouest de la capitale). Ses passagers ont, au prix de leur vie, contré des pirates de l'air qui avaient apparemment pour objectif la Maison-Blanche ou le Congrès.

 

Le président Bush est informé du drame alors qu'il visite une école en Floride. "Il s'agit apparemment d'une attaque terroriste", déclare-t-il 45 minutes après le premier attentat.

 

Les aéroports sont fermés dans tout le pays, la panique gagne New York et Washington, où, de peur que la présidence soit attaquée, le vice-président Dick Cheney est emmené sans ménagement dans un bunker sécurisé en sous-sol de la Maison-Blanche.

 

Le pays, pétrifié, regarde en direct à la télévision la tragédie qui se joue à New York.

 

Alors que les secours, dépassés par l'ampleur de la catastrophe, peinent à se coordonner, dans les étages supérieurs des tours du World Trade Center en feu se joue un effroyable drame. Des centaines de personnes prisonnières cherchent à échapper à l'enfer. Certaines grimpent sur le toit, espérant des hélicoptères incapables d'approcher en raison de la chaleur et de la fumée. D'autres entament une longue descente via des escaliers de secours dont certains sont bloqués par les décombres. D'autres encore se jettent par la fenêtre.

 

A 10h05, la tour Sud du World Trade Center, qui avait été touchée en second, s'effondre dans un déluge de feu et de poussière, précipitant dans la mort des centaines de personnes et sauveteurs. La deuxième s'écroule 23 minutes plus tard. Quelque 25.000 personnes travaillaient dans les tours de 110 étages en ce début de matinée. Les premières estimations avancent le chiffre dramatique de 6.000 morts. Il sera progressivement ramené à 2.819, après des mois de recherches et recoupements.

 

Le sud de Manhattan est enseveli sous la poussière des gravats, des dizaines de milliers de personnes hagardes, parfois blessées, tentent de fuir vers le nord de la ville, autant de familles cherchent désespérément des nouvelles de leurs proches.

 

Sous l'impulsion d'un maire, Rudolph Giuliani, dont le drame fera un héros national, New York tente tant bien que mal de faire face. Les ponts et tunnels reliant Manhattan au reste de la ville sont fermés, le maire ordonne aux New-Yorkais de rester chez eux, et tout le sud de Manhattan, où travaillent des centaines de milliers de personnes, est progressivement évacué.

 

A 330 km de là, la capitale fédérale Washington est aussi livrée à la panique. Des médias font état d'un incendie près de la Maison-Blanche, de l'explosion d'une voiture piégée au département d'Etat, ensuite démentie. Le ministère n'en est pas moins évacué en milieu de matinée, tout comme le département de la Justice et la Banque mondiale.

 

L'évacuation sera ensuite étendue à l'ensemble des bâtiments fédéraux, provoquant des gigantesques embouteillages. En début d'après-midi, la capitale prend l'allure surréelle d'une ville fantôme, commerces fermés, rues vides de toute trace de vie.

 

Le président Bush, lui, a embarqué pour un voyage à travers le pays tout aussi irréel, hâtivement acheminé de Floride sur une base aérienne en Louisiane pour des raisons de sécurité.

 

"Ne vous y trompez pas, les Etats-Unis chasseront et puniront les responsables de ces actes lâches", déclare-t-il en début d'après-midi, avant de reprendre l'avion présidentiel Air Force One pour la base aérienne d'Offutt dans le Nebraska, à plus de 1.600 km de la capitale.

 

Il cherche à rassurer des Américains incapables de croire ce qu'ils voient.

 

Toutes les mesures de sécurité ont été prises, insiste le président.

 

En milieu d'après-midi, la photo d'Oussama ben Laden, chef du réseau Al-Qaïda, apparaît sur les écrans de télévision, suspect désigné des attentats.

 

M. Bush rentrera finalement peu avant 19h00 à la Maison-Blanche.

 

Le regard grave, le visage marqué par l'énormité de la tragédie, George W. Bush s'adresse à 20h30 au pays, affirmant sa détermination à punir les auteurs de ces "attentats ignobles".

 

"Nous ne ferons aucune différence entre les terroristes qui ont perpétré ces actes et ceux qui les protègent", affirme-t-il depuis le bureau ovale de la Maison-Blanche, en évoquant les "milliers" de personnes tuées dans la tragédie.

 

"Ces attaques brisent l'acier, mais ne peuvent entamer l'acier de la détermination américaine", ajoute-t-il.

 

Quelques minutes avant minuit, Rudolph Giuliani annonce que deux policiers ont été extraits des décombres du World Trade Center. Ils font partie des très rares rescapés qui seront retrouvés après l'effondrement des tours.

 

Des veillées aux bougies s'improvisent dans les parcs, la solidarité s'organise autour du monstrueux chantier qui deviendra "Ground Zero".

 

New York, surmontée d'un nuage de fumée noire visible à 50 km à la ronde, se prépare à passer la nuit la plus dramatique de son histoire.

 

Document de presse historique :

 Deux avions s'encastrent dans les deux tours

du World Trade Center

 

NEW YORK, 11 sept (AFP) - Deux avions se sont encastrés mardi 11 septembre 2001 dans les deux tours du World Trade Center à New York, un drame que le président George W. Bush a immédiatement qualifié d'acte de terrorisme et qui aurait fait au moins six mille morts et des milliers de blessés selon les chaînes de télévision américaines.

Les deux appareils d'United Airlines et American Airlines ont frappés les deux tours de 110 étages qui surplombent le sud de l'île de Manhattan à quelques minutes d'intervalle dans ce qui "semble une attaque terroriste", a déclaré M. Bush en déplacement en Floride.

Une heure après, des flammes de plusieurs mètres de hauteur continuaient à s'élever des derniers étages de l'une des tours du World Trade Center. L'autre s'est effondrée aux alentours de 14H00 GMT.

 

A Washington, la Maison Blanche a été évacuée. Le Pentagone, un énorme complexe immobilier où siège le ministère américain de la Défense, a été également évacué à la suite du krach d'un autre avion.

 Un dernier avion, c'est kraché en Pennsylvanie, cet avion visait la maison blanche à Washington mais les passagers ont fait preuvent d'un véritable héroisme, en manifestant contre les kamikazes, ils ont évités une autre catastrophe; malheureusement ils n'ont pas réussis à reprendre le contrôle de l'avion.

 

De gros nuages de fumée étaient également visibles au-dessus d'un important bâtiment administratif près de la Maison Blanche, l'Old Executive Building. Peu avant 09H00 heure locale (13H00 GMT), un premier avion a percuté la partie supérieure de l'une des immenses tours du World Trade Center à New York. Dix-huit minutes plus tard, alors que les chaînes de télévision diffusaient en direct les images de cette première tour en flammes, un autre appareil s'est écrasé directement près du sommet de l'autre tour, provoquant une gigantesque explosion.

 

Quelque 40.000 personnes travaillent chaque jour dans les deux tours du World Trade Center.

 

Un incendie à une telle hauteur dans un immeuble de 110 étages de haut est extrêmement difficile à éteindre. Les pompiers ont coupé toutes les connexions électriques, mais n'ont aucun moyen d'attaquer les flammes sans monter à pied dans les buildings en flamme.

 

"J'ai entendu un grondement énorme au-dessus de ma tête. Un avion commercial est rentré droit dedans" a témoigné sur la chaîne de télévision ABC Mark Obenhau, qui se rendait à sa station de métro à proximité de tours jumelles lors du premier impact.

 

L'appareil "a été complètement absorbé par le bâtiment", a-t-il ajouté.

 

Un autre témoin, Karim Arraki, a raconté sur la chaîne de télévision ABC qu'il avait vu "un petit avion bi-moteur entrer dans la tour".

 

"J'ai vu le deuxième avion, c'était le même type d'avion", a-t-il ajouté, ajoutant qu'il avait vu les deux tours éventrées.

 

Les aéroports new-yorkais ont immédiatement été fermés, selon les télévisions. Tous les ponts et tunnels reliant Manhattan au reste de New York et du New Jersey ont été également fermés, a indiqué CNN. Plusieurs immeubles de la ville, dont le MetLife Building sur Park Avenue, étaient en cours d'évacuation en milieu de matinée, selon des témoins.

 

Ce n'est pas la première fois que les tours du World Trade Center sont la cible d'un attentat. Un attentat à la bombe avait déjà visé l'une des tours le 26 février 1993. Il avait fait six morts et un millier de blessés.

 

A l'heure d'aujourd'hui des milliers de familles pleurent la disparition de leurs proches, mais la vie continue et les employés ont regagnés leur bureau. A New York, les affaires ont reprises mais personne ne peut oublier la terrible tragédie qui a affectée l'Amérique.

La peur de l'anthrax est présente partout, chacun se méfie des lettres suspectes et se protège au mieux face à cet menace invisible.

 

 

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